LA ESCUCHA INTERIOR / Lu, entendu…

 


 

« Proposé par l'Europajazz, le sublime flamenco jazz a fait le plein à l'Éolienne. Du flamenco contemporain, une chorégraphie sensuelle et expressive de Karine Gonzalez, portée par un accompagnement épicé de modes indiens parfois, méditerranéens souvent, jazz toujours. Mention spéciale pour les jolies notes seventies de la flûte par Joce Mienniel et le maître Julien Lallier au piano. Rien d'artificiel ou d'emprunté, aucun cliché, l'harmonie de l'ensemble et la qualité de la sonorisation ont ravi le public.»
Ouest-France
/ 27/01/2015  voir article  

« Le spectacle "La Escucha Intérior" imaginé par le pianiste Julien Lallier et mis en scène avec la danseuse et chorégraphe Karine Gonzalez est un projet d'envergure. Mêlant danse, jazz et musique d'inspiration traditionnelle, il rappelle les grands espaces construits par les défricheurs modernes que sont Avishaï Cohen, Karim Baggili ou Nguyên Lê pour n'en citer que quelques-uns, et apporte sa part singulière et féconde.
C'est un spectacle complet, à la fois délicat et sensuel, qui s'appuie sur la poétique de Fernando Pessoa, que Christophe Marguet avait, il y a quatre ans, transposée sur le devant de la scène avec le comédien Frédéric Pierrot. Le propos est d'une grande cohérence et conserve aussi un côté sauvage et festif dans sa part d'improvisation. Une musique qui recrée l'univers du voyage intérieur. Car c'est de cela dont il s'agit, d'une réflexion sur notre intériorité, sur notre difficulté à nous ouvrir aux autres et à laisser parler nos sens, à quitter nos peaux successives.
Tout au long de ces six tableaux, cette création est portée de bout en bout par la danseuse, artiste musicienne complète, qui joue de son corps et de ses rythmes pour illuminer la musique. Elle donne feu aux musiciens qui partagent ses états d'âme et dialoguent avec elle. Elle donne corps à une danse, proche du flamenco, elle en saisit les codes, les manières, s'en rapproche, s'en éloigne.
La musique est inventive, souple et méditative. Elle est le fruit d'un travail groupal dans lequel chaque musicien est au service de la nuance, du propos et de la danse. Chaque individualité est néanmoins impressionnante de virtuosité et apporte une grande attention à sa palette sonore. Le flûtiste est fougueux, le batteur percussionniste réactif, le contrebassiste et le pianiste diaboliquement convaincants.
Le festival "A Vaulx Jazz" a débuté cette année au centre Charlie Chaplin par le spectacle de La Forge et des Percussions de Treffort "Pablo". "La Escucha Intérior" clôt cette vingt-septième édition de la même manière, par une évocation d'une Espagne rêvée, et d'un jazz ouvert à l'altérité. Que les vents portent loin ces deux projets et que le festival, qui milite en faveur de la création, perdure et avec lui cette haute idée de ce que peut être la culture et le jazz aujourd'hui.»
Laurent Brun /
Jazz-Rhône-Alpes.Com / 31/03/2014  voir article

« Poursuivant sa quête sur le thème de la rencontre, Jazz à Montbrison nous présentait ce soir La Escucha Intérior. Plus qu'un concert, c'est un spectacle plein de poésie, où chaque tableau est introduit par une citation du Cancioneiro de Fernando Pessoa, où la danse flamenca et le jazz se rencontrent.
Julien Lallier a entièrement écrit le spectacle, y compris la partie chorégraphique, cette dernière avec la collaboration de Karine Gonzalez.
Il est important de préciser que la danse est flamenca n'est pas de trop, dans le sens où dans ce style, le danseur est partie prenante de la musique au même titre que n'importe quel musicien. C'est ainsi que l'on verra Karine Gonzalez improviser sur les chorus de ses partenaires et "chorusser" à son tour comme les autres musiciens.
"La Escucha Intérior" est une œuvre musicale en premier lieu. Très vite se posera pour le compositeur la question de l'introduction de la danse. Les citations poétiques sont arrivées plus tard parce que Julien Lallier les a trouvées en adéquation avec son propos musical et son titre. "La Escucha Intérior", l'écoute intérieure, est un titre dont la dimension psychologique et spirituelle est prégnante, mais la musique, la danse et la poésie y ajoutent l'éclairage d'un sensualisme irréfragable.
Le Cancioneiro tente de rendre compte des "affres de l'intelligence aux prises avec la pensée du mystère du monde", les citations sont courtes et tout à fait intelligibles, elles donnent la tonalité de ce qui sera développé ensuite par la musique.
On sent que les interprètes sont parfaitement à l'aise dans la structure de l'œuvre, ce qui indique, en amont, un gros travail d'explicitation pour le compositeur et d'approfondissement pour chacun des intervenants. La musique est prenante et les chorus d'une gravité touchante. Les musiciens et la danseuse semblent très conscients du propos de l'œuvre, les interventions sont pétries de sens. Seule, même hors contexte du spectacle, la musique serait parlante, mais l'ordonnancement en un spectacle unique avec la poésie et la danse en décuple l'intelligibilité. Les rythmiques sont variées, le compositeur s'est affranchi des compás du flamenco et c'est la danseuse qui adapte ses pas aux différentes mesures voulues par le compositeur. Il semble que chacun des interprètes ait été choisi en fonction de son itinéraire personnel et donc de la dimension et de l'orientation qu'il va donner à sa partition. Les duos danse-instrument, en particulier, sont des moments de grâce absolue où l'évidence devient tangible.
La communication est excellente entre les musiciens et la danseuse, mais avec le public également, on sent celui-ci très attentif, on ressent ses réactions, ce court instant de silence qui précède les applaudissements, on a l'impression d'entendre battre un cœur unique, de sentir un seul souffle, étonnante communion entre les acteurs et les spectateurs-auditeurs, ce moment où la musique implique, en orientant nos perceptions que, sans se fondre dans une masse indistincte, chaque individu participe d'une assemblée.»
Michel Mathais /Jazz-Rhône-Alpes.Com / 31/03/2014  voir article 

« La escucha interior, un voyage dont je suis revenu secoué, chamboulé mais heureux. Infiniment heureux.
Balayons d’abord un mot qui pourrait en rebuter certains, le mot jazz. Si ce mot vous fait peur, si vous pensez que cette musique est destinée à une élite, vous vous trompez lourdement. Le jazz, c’est d’abord une musique populaire, faite pour le plus grand nombre. D’ailleurs il me semble que le public, hier soir au Family de Landernerneau, avait parfaitement capté le message : la salle, qui était pleine de spectateurs réceptifs, émus, enthousiastes, prêts à déclencher une ola de circonstance, a littéralement réservé un triomphe au groupe emmené par le brillant pianiste Julien Lallier.
Quant à Karine Gonzalez, elle porte à bout de bras le spectacle, elle relaye chaque note, chaque tempo. Sa chorégraphie hispanisante est une invitation au voyage intérieur, elle a la fougue, la hargne, la délicatesse, la sensualité. Elle interpelle, elle alpague chaque musicien, contrebasse, percussions, flûtes et chacun lui répond avec brio.
Le dialogue est à la fois ironique et sensuel, la fille en rouge et noir est vibrionnante, le regard halluciné et tendre, elle se laisse guider par le tempo. Je ne peux pas m’empêcher de penser à une scène du film « Strictly ballroom » de Baz Luhrman où la grand-mère dit au danseur de paso doblé « Sens le rythme en toi ! » Tu le sens le rythme là ? Ah oui ! On le sent bien…
Ce voyage intérieur est aussi une invitation à la musique, la belle, la grande, celle dont Charles Baudelaire disait qu’elle nous emporte comme une mer. C’est beau, émouvant, les flûtes se font salement rock, elles évoquent Jethro Tull, l’orient et le Kashmir de Led Zep, un bon gros son bien rock, avec cette pointe d’élégance qui n’appartient qu’aux musiciens de jazz. On aimerait que le voyage dure encore, qu’il soit un peu plus long. Mais l’histoire entre la jeune princesse hispanique et ses quatre princes charmants se termine, déjà et pour une fois l’histoire d’amour se termine bien. Le public est extatique et rappelle la troupe qui, en guise de cerise, nous offre quelques pas improvisés. Puta de concierto ! Pour un premier contact avec Atlantique jazz festival, le sillon est tracé, la route est flamboyante et il suffit de la suivre. Et mon petit doigt me dit que le meilleur est à venir… »
Hervé Le Gall / Shots / voir article 

« Dès la superbe introduction aux percussions, les spectateurs ont été captivés. Karine Gonzalez a su créer une chorégraphie subtile et inspirée sur la musique jazz du pianiste compositeur Julien Lallier.. Le public, a été emporté par la fougue, le tempo, l'engagement total des artistes. Un spectacle solaire, enthousiasmant, au succès mérité.»
Andrée Boretti / Ouest-France / voir article 

« Même les plus réticent à l’idée de voir un spectacle de danse ou /et de flamenco, se laissèrent choper par le travail de composition du pianiste Julien Lallier sur le matériau rythmique du flamenco concrétisé dans les formules frappées des mains (palmas), battues sur ses percussions par Antony Gatta en tandem avec le contrebassiste Joan Eche-Puig etdéclinées sous les pas claqués et la chorégraphie millimétrée de la danseuse Karine Gonzalez..»
Franck Bergerot / Le Jazz Live > Jazz Magazine / voir article 

« La Escucha Interior présentée à Cavajazz, en partenariat avec la municipalité de Viviers, dépasse largement le cadre d'un simple concert. Le jeune et talentueux pianiste Julien Lallier a longuement mûri ce projet qui convie de nombreuses sources d'inspiration musicale, la danse, la poésie, le son et les lumières.
Ce petit opéra en six tableaux, "Ouverture" / "la découverte des possibles" / "la solitude" / "la rencontre" / "la transe" / "Epilogue", livre l'univers intime du compositeur, ses rêves, son imaginaire, sur lesquels Karine Gonzalez a su créer une chorégraphie pertinente, combinant finesse et énergie. Des fragments de textes de Fernando Pessoa, (en français afin d'en rendre l'accès immédiat) ouvrent plusieurs tableaux, dont le premier. Le ton est ainsi résolument donné, nous sommes embarqués dans un voyage autour d'un monde secret d'identités, d'émotions, de solitudes, de rencontres. Car le grand poète portugais portait le nom de "pessôa" qui signifie "une personne" vécut enfant en Afrique du Sud, donc connut le choc des cultures, et écrivait sous un grand nombre d'hétéronymes.
Karine Gonzalez est danseuse de flamenco (nous l'avions vue - hélas de loin - dans le spectacle "Django Drom" donné aux dernières Nuits de Fourvière), ce qui constitue une contribution essentielle au projet. Car le flamenco est une façon d'être, une philosophie de la vie, de l'amour, de la mort. Le disque de Julien Lallier, "Tarifa" (publié en 2005), tire une grande partie de son intérêt de sa familiarité avec le flamenco.
Les fondamentaux de cet art étaient bien au cœur de "La Escucha Interior" : les rythmes ("compás"), les instruments (castagnettes, cajòn) les formes évoquées ("bulerias", "granadinas", "rumbas" ou autres "soleares"), le "zapateado", les "palmas", et les placements de main et de bras de la danseuse. Tous les ingrédients du "duende", cet esprit profond et enflammé du flamenco.
Les cinq artistes sur scène (et leurs partenaires en régie) ont témoigné d'une complicité, d'une capacité d'interaction (passant de la musique écrite à l'improvisation) et d'un plaisir de jouer ensemble vivement ressentis par une salle comble, et conquise.
Le percussionniste Antony Gatta, formé au CNR de Lyon, pour aimer se frotter à tous les genres musicaux (du jazz aux musiques orientales et méditerranéennes, d'Eric Teruel à Dezoriental, en passant par Enzo Enzo) s'intègre parfaitement au projet.
Joce Miennel, aux flûtes, et occasionnellement à la guimbarde, affiche une maîtrise de ces instruments, sait se fondre dans les ensembles, et improvise avec cœur.
Le remarquable contrebassiste Joan Eche-Puig assure un soutien harmonique et rythmique sans faille, quelles que soient les métriques, ternaire, binaire, 6/8, voire 7/4. Ses lignes d'accompagnement sont riches, avec un son plein et rond.
Enfin, Julien Lallier combine des talents de compositeur, d'arrangeur et de soliste éminents. Précis et harmoniquement riche en accompagnement, il déploie de belles ressources d'improvisateur (clin d'œil à Lennie Tristano dans le deuxième tableau). Il s'autorise même un air d'accordéon malicieux sur l'épilogue. Un très beau spectacle, à recommander. »
Pierre Sigaud / Jazz-Rhône-Alpes.Com / 28/03/2011 / voir article

« La scène des Salorges a résonné sous les pas de la danseuse et chorégraphe Karine Gonzalez, jusque dans le cœur des spectateurs, vendredi. Une véritable découverte pour le public touchée par l'alchimie poétique entre la musique jazz et la danse d'inspiration flamenco.
Karine Gonzalez habite le jazz et en joue en improvisant, « elle joue ce qu'elle entend » explique Julien Lallier, pianiste et compositeur. Ce musicien a su trouver les ponts entre ces univers, il crée un savant mélange de plusieurs cultures du monde intitulé « une musique française ». La trame poétique inspirée des textes de Fernando Pessoa, guide le spectateur, à travers six tableaux, de la solitude à la rencontre.
Un concert plein d'énergie et de complicité, qui poursuit sa route dans l'ouest…»
Julie Mignal / Ouest-France / voir article 

« Saluons la création du pianiste choletais Julien Lallier, encore un peu méconnu du grand public, mais dont le jeu subtil a su faire la synthèse des grands maîtres sans toutefois leur rester inféodé. Nouvel envol pour ce dernier avec une création : La Escucha Interior, soit la rencontre d'un jazz tantôt écrit, tantôt improvisé, avec la danse flamenco interprétée par Karine Gonzalez. Servie par des musiciens exigeants et une écriture dense, la magie de cette création opère de façon immédiate et vient révéler dans le même temps le grand talent de Julien Lallier. Ce spectacle est à prendre comme une invitation à un voyage intérieur, bercé aux sons des mélodies andalouses, méditerranéennes, voire même argentines. Sans conteste, une des bonnes surprises de cette rentrée ! »
Serge Michel / Kritik / Novembre 2010 / voir article 

« Mercredi soir, c'est le quartet de jazz du très doué Julien Lallier qui présentait sa création, « La Escucha Interior ». Son association avec la danseuse flamenca et chorégraphe Karine Gonzalez, a permis de donner du corps à une musique empreinte de poésie, de vitalité et de lyrisme parfois. L'alchimie a opéré auprès d'une salle comble, l'entrainant au delà des frontières ibériques. Les rythmes des claquettes et des percussions, faisaient éclater un jazz vagabond et sans frontières. La complicité était palpable. Un moment de bonheur à revoir à Pontchâteau fin novembre. »
Martine Vaillant / Presse Océan / 29/10/2010 / voir article 

« Le spectacle de samedi soir nous a permis de passer un très agréable moment de métissage entre Jazz et Flamenco. Nous avons été séduit par la façon habile, talentueuse et terriblement efficace de marier les styles, les timbres et les inspirations, le tout dans un climat d'une troublante sérénité, de respect et d'écoute mutuels. J'ai personnellement beaucoup apprécié le jeu du quartet de jazz dans sa simplicité de contact et dans sa très sensible interprétation. »
Gilles Foussier / Directeur ENM Cholet / 23/01/2010

 
     
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